Penser créer l'urbain

D’ici 2019, un Campus universitaire va surgir d’un terrain vague à Montréal. Une équipe de chercheur.e.s en arts, design et sciences humaines s’est jointe à des groupes d’innovation sociale afin de collecter le savoir-citoyen, la mémoire du quartier, la projection de ceux qui y vivent. Ensemble, ils ont conçu un protocole participatif autour de manières créatives de penser l’urbain.

Présentation

Le Campus MIL de l’Université de Montréal, comme @22 à Barcelone ou Cornell Tech à New York, appartient à une nouvelle génération de projets de campus universitaires qu’on peut qualifier de campus intégrés au tissu urbain. Relevant d’une vision séduisante, celle de la « ville créative », ces nouveaux programmes urbains posent toutefois la question des formes concrètes d’intégration et de collaboration entre universités et acteurs de la ville. Partant de ces nouveaux lieux du savoir, un projet collaboratif intitulé « Du terrain vague au campus urbain intégré » a vu le jour en 2015 et s’est donné pour mandat de réfléchir à cette vague des campus urbains intégrés à partir de l’exemple emblématique de Montréal.

Penser créer l'urbain - Pourquoi faire un site internet?

Pourquoi faire un site internet?

Penser créer l’urbain (2017) présente les étapes et les résultats de recherche du projet « Du terrain vague au campus urbain intégré » (2015-2016). Il s’agit de restituer une initiative de recherche pilote, fondée sur une méthode de travail complémentariste et collaborative, inédite concernant la question des campus universitaires qui se veulent intégrés au tissu urbain.

À travers une navigation intuitive et ergonomique, cette interface permet de comprendre de manière visuelle : la structure du projet, la diversité des intervenants et des approches mobilisées, puis de plonger dans le détail de chaque méthode de recherche ou de création pour saisir leur complémentarité et leur apport dans le cadre des recherches concernant les espaces urbains en transformation rapide. C’est la raison pour laquelle les catégories de navigation proposées à l’utilisateur du site sont ouvertes les unes aux autres, les thématiques s’entrecroisent et les questionnements se retrouvent puis se développent les uns à travers les autres.

Partenaires

« Du terrain vague au campus urbain intégré » : un projet collaboratif

Les personnes impliquées dans le projet sont principalement des chercheur.e.s, des étudiant.e.s, des institutions, des membres d’organismes d’innovation sociale de Montréal et du milieu communautaire local.

Responsable

Magali Uhl, Professeure, Sociologie, Université du Québec à Montréal, Directrice du CÉLAT-UQAM

Chercheur.e.s

Christophe Abrassart, Professeur, Faculté de l’Aménagement, Université de Montréal
Simon Harel, Professeur, Littératures et langues du monde, Université de Montréal, CÉLAT
Ève Lamoureux, Professeure, Histoire de l’art, Université du Québec à Montréal, CÉLAT
Carole Lévesque, Professeure, École de Design, Université du Québec à Montréal, CÉLAT
Danièle Racine, Commissaire à la Médiation culturelle, Service de la Culture, Ville de Montréal

Le Campus MIL de l’Université de Montréal, comme @22 à Barcelone ou Cornell Tech à New York, appartient à une nouvelle génération de projets de campus universitaires qu’on peut qualifier de campus intégrés au tissu urbain. Relevant d’une vision séduisante, celle de la « ville créative », ces nouveaux programmes urbains posent toutefois la question des formes concrètes d’intégration et de collaboration entre universités et acteurs de la ville. Partant de ces nouveaux lieux du savoir, un projet collaboratif intitulé « Du terrain vague au campus urbain intégré » a vu le jour en 2015 et s’est donné pour mandat de réfléchir à cette vague des campus urbains intégrés à partir de l’exemple emblématique de Montréal.

En effet, d’ici 2019, du terrain vague de l’ancienne gare de triage d’Outremont, va surgir les premiers pavillons du Campus MIL de l’Université de Montréal. Il s’agit d’un projet de grande ampleur qui suscite de nombreuses interrogations. Sous l’égide du CELAT (Centre et laboratoires cultures, arts, sociétés), une équipe de chercheurs et d’étudiants en arts et sciences humaines intéressée aux enjeux liés aux façons de penser et d’organiser un environnement inclusif autour du futur Campus, s’est jointe à des groupes d’innovation sociale de Montréal afin de collecter « le savoir-citoyen », la mémoire du quartier, les projections de ceux qui y vivent. Ensemble, ils ont conçu un protocole participatif autour de manières créatives de penser l’association entre le Campus et les quartiers environnants.

Ce protocole de recherche-action-création vise à repenser un espace urbain en requalification à partir d’une séquence d’ateliers créatifs et d’une réflexion collective et ouverte sur l’inclusion de ces futurs campus dans le tissu social local selon le principe du partage des espaces comme des savoirs. Deux évènements se sont ainsi tenus à l’automne 2016 : un Forum citoyen de deux journées les 16 et 17 septembre et un Symposium interdisciplinaire et international le 30 septembre.

Événement citoyen et participatif, le Forum était composé de quatre ateliers et s’adressait à un panel d’une quarantaine de participants constitué de résidents des quartiers limitrophes au campus, d’étudiants, de chercheurs, d’acteurs locaux et de créateurs. Durant les deux journées, guidés par les chercheurs et des intervenants professionnels (médiateurs culturels et artistes), les participants ont réfléchi en petits groupes à partir de scénarios ou de mises en situation intellectuelles et corporelles. Ils ont également parcouru le chantier et ses alentours, en marchant dans le quartier – de ses artères principales à ses arrières cours –, pour recueillir images et témoignages documentant le quotidien des riverains.

L’originalité du Forum a été de mobiliser les démarches créatives de recherche comme des méthodes de connaissance permettant de révéler des formes de relations potentielles entre le campus et son environnement, de formuler des biens communs locaux, et d’explorer des zones de coopération possibles entre les acteurs du territoire. En effet cet événement de deux jours a permis d’expérimenter, par les déplacements créatifs que favorisent la mise en situation corporelle et les ressources du jeu, les conditions et le potentiel d’un dialogue entre les divers acteurs locaux (des campus et des quartiers) avec pour objectif de rendre possibles de futures initiatives et projets communs.

Le Symposium entendait, pour sa part, proposer une synthèse scientifique internationale sur les campus urbains intégrés en mobilisant tous les éléments de réflexion-consultation de la démarche citoyenne réalisée en amont durant le Forum. Il s’est ainsi consacré à une restitution publique du Forum citoyen et à un partage d’expériences avec d’autres chercheurs qui travaillent sur des questions ou des projets similaires à l’international, notamment en Europe et au Liban. Les objectifs sociaux du projet ont donc été doublés d’objectifs scientifiques propres.

Le site web Penser créer l’urbain rend compte de ce protocole de recherche-action-création collaboratif. Il permet de visualiser le potentiel transformateur de ce type d’approches qui, à la croisée des sciences humaines, des arts et de l’expérience vécue de la ville, mobilisent les ressources créatives des méthodologies de recherche pour contribuer au changement social.

Par Magali Uhl

Penser créer l’urbain (2017) présente les étapes et les résultats de recherche du projet « Du terrain vague au campus urbain intégré » (2015-2016). Il s’agit de restituer une initiative de recherche pilote, fondée sur une méthode de travail complémentariste et collaborative, inédite concernant la question des campus universitaires qui se veulent intégrés au tissu urbain.

À travers une navigation intuitive et ergonomique, cette interface permet de comprendre de manière visuelle : la structure du projet, la diversité des intervenants et des approches mobilisées, puis de plonger dans le détail de chaque méthode de recherche ou de création pour saisir leur complémentarité et leur apport dans le cadre des recherches concernant les espaces urbains en transformation rapide. C’est la raison pour laquelle les catégories de navigation proposées à l’utilisateur du site sont ouvertes les unes aux autres, les thématiques s’entrecroisent et les questionnements se retrouvent puis se développent les uns à travers les autres.

Il s’agit dans cette perspective d’enrichir les réflexions existantes sur le sujet, tout en proposant des moyens de favoriser la participation citoyenne dans l’appropriation des transformations urbaines à partir de l’exemple concret du Campus MIL de l’Université de Montréal ; mais aussi de présenter des perspectives internationales et une vision prospective sur ces nouveaux campus urbains intégrés à partir d’une instrumentation créative.

Penser créer l’urbain est devenu un site internet car ce projet s’adresse avant tout aux personnes directement concernées par l’implantation du futur Campus MIL sur le terrain de l’ancienne gare de triage d’Outremont : aux citoyens des quartiers limitrophes du futur campus de l’Université de Montréal (Parc-Extension, Outremont et Rosemont) ; aux décideurs politiques impliqués dans ce projet, aux architectes et urbanistes qui travaillent à sa réalisation ; à ceux qui vont vivre sur le site du Campus (futurs étudiants, professeurs, chercheurs, employés de l’université, résidents). Mais il entre aussi en dialogue avec les décideurs politiques, designers, architectes et urbanistes, sociologues, anthropologues et médiateurs…

Ensuite, à un niveau plus large, Penser créer l’urbain s’adresse aux chercheurs en sciences humaines, arts, architecture et design ; aux architectes, urbanistes et décideurs politiques qui travaillent sur des projets similaires de campus urbains intégrés ou à d’autres aménagements urbains dans des quartiers en cours de requalification ou de transformation rapide dans d’autres villes et d’autres horizons géographiques et culturels.

Pour finir, à travers la présentation des problématiques suscitées par l’intégration d’un campus universitaire dans le tissu urbain, ce site pose également la question du rôle d’internet dans la production de la connaissance universitaire – dans ses rapports avec le savoir citoyen. L’on pourrait évoquer ici la « noosphère », le terme de Karl Popper, mobilisé par Edgar Morin pour questionner la « nature des idées » et évoquer la complexité ajoutée dans toute perspective de recherche depuis que les dispositifs de partage des connaissances ont évolué. Ainsi, dans la perspective de penser créer l’urbain, autour du noyau de questions qui se trouve à l’origine du projet « Du terrain vague au campus urbain intégré », émerge une autre préoccupation, à la fois théorique et pratique, concernant la possibilité de diffusion d’une recherche universitaire et les rapports complexes qui se tissent aujourd’hui en ligne entre les différents types de connaissance (les expériences vécues, les textes, les images photographiques ou vidéo) et les usagers du web.

Par Sofia Eliza Bouratsis et Magali Uhl

Référence bibliographique

MORIN, E. (2009). « Chemins dans la noosphère », entretien réalisé par Sofia Eliza Bouratsis et Jean-Marie Brohm,  Prétentaine, n° 25-26, pp. 503- 519.

« Du terrain vague au campus urbain intégré » : un projet collaboratif

Les personnes impliquées dans le projet sont principalement des chercheur.e.s, des étudiant.e.s, des institutions, des membres d’organismes d’innovation sociale de Montréal et du milieu communautaire local.

Responsable

Magali Uhl, Professeure, Sociologie, Université du Québec à Montréal, Directrice du CÉLAT-UQÀM

Chercheur.e.s

Christophe Abrassart, Professeur, Faculté de l’Aménagement, Université de Montréal
Simon Harel, Professeur, Littératures et langues du monde, Université de Montréal, CÉLAT
Ève Lamoureux, Professeure, Histoire de l’art, Université du Québec à Montréal, CÉLAT
Carole Lévesque, Professeure, École de Design, Université du Québec à Montréal, CÉLAT
Danièle Racine, Commissaire à la Médiation culturelle, Service de la Culture, Ville de Montréal

Partenaires

Exeko, Organisme d’innovation sociale pour l’inclusion par la culture et l’éducation, Montréal
Équipe : William-Jacomo Beauchemin, Nadia Duguay, Maxime Goulet-Langlois

Mise au Jeu, Organisme d’intervention théâtrale participative, Montréal
Équipe : Luc Gaudet, Mayda Mekerian, Nancy Roberge

Vrac environnement, OSBL qui se consacre au développement durable dans le quartier de Parc-Extension, Montréal. Collaborateur : Simon Racine

Étudiant.e.s associé.e.s au projet

Université du Québec à Montréal  : Carolynn Cipriani, Martin Laferrière et Elise Marchal (Maîtrise de Design) ; Julie Bruneau et Philippe Doyle-Gosselin (Maîtrise d’Histoire de l’art) ; Julie Deslandes Leduc, Véronica Gomez, Véronique Granger, Laurence Jutras, Noé Klein, Valérie Rioux et Serge-Olivier Rondeau (Maîtrise de Sociologie).

Université de Montréal : Caroline Cyr (Maîtrise d’Urbanisme) ; Nicolas Lavoie (Doctorat en Aménagement).

Coordination du projet, « Du terrain vague au campus urbain intégré »

Carolyne Grimard, Ph.D, Coordinatrice scientifique du CÉLAT, Université du Québec à Montréal
Alexis Jonathan Martig, Ph.D, Coordinateur scientifique du CÉLAT, Université Laval, Québec

Coordination éditoriale du site et du livre numérique, « Penser créer l’urbain »

Sofia Eliza Bouratsis, Postdoctorante CÉLAT, Université du Québec à Montréal, Ph. D. Université Paris I – Panthéon-Sorbonne.

Contenu rédactionnel du site

Sofia Eliza Bouratsis et Magali Uhl

Traduction en anglais

Carolyne Grimard

Photographie

Serge-Olivier Rondeau, artiste visuel, maîtrise de Sociologie, Université du Québec à Montréal

Remerciements

Pour leur précieuse aide et soutien tout au long du projet ou durant le Forum, nous remercions : Isabelle Gauthier, Mia Jordan et Evelyne Arsenault (agentes culturelles de la ville de Montréal pour les arrondissements d’Outremont, Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension et Rosemont) ; Madeleine Rhéaume (Bureau du projet du site Outremont) ; Céline Huyghebaert (assistante, éditrice et rédactrice, Médiation culturelle, Service de la Culture, Ville de Montréal) ; Noémie Ashby (coordonnatrice, Vrac Environnement) ; Victorine Crahes (maitrise d’Urbanisme) ; Stéfanie Vermeersch (designer indépendante, Montréal) ; Célia Forget (professeure associée au CÉLAT-UQÀM).

Merci aux invité.e.s du Symposium dont nous publions les présentations et observations suite aux discussions : Alain Boilard (Bureau du projet du site Outremont), Alain Bourdin (Institut français d’urbanisme), Hélène Dang Vu (Université de Nantes), Anastasia El Rouss (Bureau d’architecture YTAA, Beyrouth), Kai Wood Mah (Université Laurentienne, Sudbury), Patrick Lynn Rivers (School of the Art Institute of Chicago), Nicole Valois (Université de Montréal).

Un remerciement spécial aux résidents des arrondissements d’Outremont, Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension et Rosemont qui ont offert une à deux journées de leur temps pour être des nôtres. Merci aussi aux riverains rencontrés lors de nos vox pop et marches dans les quartiers avoisinants le Campus MIL.

Ce projet a reçu le soutien financier du CRSH (Conseil de recherche du Canada en sciences humaines), du CÉLAT (Centre et Laboratoires cultures, arts, sociétés), du Bureau du projet du Site Outremont (Université de Montréal), du Service de la culture de la Ville de Montréal, de la Faculté des sciences humaines de l’UQÀM. 

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